04/29/2010

La tribu Wodaabe


woodabee
Au centre du Niger, entre le désert du Sahara et les prairies, s'étend une immense steppe, le Sahel, parsemé de buissons épineux et d'arbres squelettiques.
C'est sur ce territoire que vivent les Wodaabe, une tribu de quarante-cinq mille éleveurs, parmi les dernières à maintenir une existence entièrement nomade en Afrique.

Les Wodaabe ou peul bororo se dépla cent toute l'année avec leurs troupeaux de zébus, chameaux, chèvres et moutons à la recherche de pâturages et d'eau. 
La vie nomade est la seule qu'ils acceptent de mener parce que c'est la tra dition - un droit sacré qu'ils acquièrent en naissant et auquel ils sont attachés jusqu'à la mort. 
Le terme wodaabe signifie « Peuple des Tabous », en référence aux règles sociales trans mises par leurs ancêtres. 'ils ont ainsi « un code de conduite qui prône le semteende (la retenue et la modestie), le munyal (la patience et le courage), la hakkilo (l'at tention et la prévoyance) et le amana (la loyauté). 
Les Peul Bororo constituent encore un peuple mystérieux. Nomades, donc ne pratiquant pas la sculpture, leur créativité s'exprime essentiellement à travers les bijoux et l'art corporel auquel s'attachent des rites de séduction.

Une fois par an, vers septembre ou octobre, ils plantent leurs tentes pour une longue halte, temps nécessaire aux troupeaux pour paître une herbe gorgée de sel, leur permet  Pendant sept jours, jusqu'à mille hommes participent à des compétitions de danse sous le jugement des femmes, qui choisissent, parmi les hommes les plus désirables, maris et amants. 
De nombreuses alliances se nouent, un Wodaabe pouvant avoir jusqu'à quatre femmes. La première épouse doit être une cousine, désignée par les parents du marié à sa naissance. Les autres sont choisies par amour. Les rencontres permettant ces mariages d'amour ont lieu lors du geerewol. La fête est dominée par trois danses : le ruume, qui comporte une danse de bienve nue le jour et une danse de séduction la nuit; le yaake, une compétition de charme et de personnalité; le geerewol (au cours de laquelle les jeunes hommes rivalisent pour le titre de beauté. Pour les Wodaabe, le geerewol est la danse qui exprime le mieux le droit à la beauté, transmis par les ancêtres. Ils estiment aussi que cet héritage et leur talent à l'exprimer les distinguent des autres sociétés africaines.

Dès l'aube, assis à même le so,l les hommes se préparent avec le plus grand soin : ils enduisent leur visage ainsi que leurs cheveux séparés en plusieurs tresses, de beurre de karité. L'odeur serait, dit-on, aphrodisiaque. Puis ils se peignent le visage divisé en deux par un trait médian de cou leur jaune. La peau est décorée de points ou de damiers et de petits traits blancs, jaunes et noirs pour mettre en valeur l'éclat des yeux, des dents et souligner la forme du front et celle des pommettes. Les lèvres recouvertes d'un fard foncé sont parfaite ment redessinées. Après avoir absorbé une boisson stimulante, puis parés de leurs plus beaux atours, chapeaux coniques déco rés de perles et de plumes, turbans, colliers, bracelets, verroteries et amulettes facilitant la victoire, les hommes peuvent enfin enta mer, devant le cercle des anciens et des femmes réunis, les danses de parade qui dureront jusqu'au lendemain.

Rangés côte à côte, les danseurs jouent du regard, du battement de leurs mains et des mouvements de leur corps souple, ondu lant aux rythmes de la musique et des chants, évoquant leur his toire, leurs mythes et leurs dieux. Mais ils se doivent aussi de séduire les femmes qui éliront le plus beau danseur. Ce dernier pourra choisir parmi elles sa compagne d'un temps, le gerewol suivant lui laissant la possibilité d'en préférer une autre.


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17:38 Posted by Jan Boeykens in Actualiteit | Permalink | Comments (0) | Tags: la tribu wodaabe |  Facebook |